Un drone aurait exécuté un soldat sans en avoir reçu l’ordre

Il y aura certainement des incidents militaires entre les puissances mais la guerre intégrale, l’absolu accident est “ailleurs”, technologiquement déployé dans la communication machine-machine, infra ou extra-important peu !

L’ordre humain exécuté en nanoseconde est amplement dépassé par son “transfert” inhumain, ou si vous préférez “hors-humain”.

Les hommes pensent encore que les machines n’agissent que sur ordre… humain, mais depuis l’automatisme on sait l’ordre humain restreint à l’impulsion initiale, ordre initial désormais donné à des machines ultra-véloces qui se posent des questions.

En négligeant que des machines se posent mutuellement des questions, on se rassure parce que d’autres machines veillent et, si besoin, interfèrent.

Dans le domaine militaro-industriel, la question se suffit d’une réponse valide et, déjà dans l’automatisme, la réponse valide est au programme.

Dans l’armement intercontinental, la validité d’une réponse peut être sécuritairement le croisement positif de plusieurs réponses, soit un ordre unique ressortant d’une réponse convergente et, en conséquence, validée.

La programmation versée en code à la forme ordonné : “étant donné ‘x+y+z+&’ produire A”.

On pourrait rétorquer que les machines ne se posent pas de question, mais la vérification, pour produire A, de la conformité des conditions “x+y+z+&”, sachant que &, voir x, y, z peuvent être des fonctions, est déjà assimilable à une question qui a sa réponse (A).

Le contrôle exercé par le code-énoncé et la conception du dispositif machinique dont la performance tient souvent à la vitesse d’exécution est aujourd’hui dépassé ou outre-passé par la nécessaire communication inter-machinique se passant possiblement d’ordre humain et se contentant du principe de son “propre” fonctionnement : “si réponse valide à une question, exécution”.

Toutes les précautions quant à la validité de la réponse tombent lorsque la validation est déjà “dans la machine”, en somme lorsque la machine est capable de raisonner et d’assurer toutes ses précautions, donc en capacité d’agir seule.

La maîtrise des codages, au-delà des failles qu’elle produit machinalement et que s’emploient à combler des foules de sophistiqués hackers, génies de la sécurité informatique, qui semblait assurer un temps d’avance humaine n’est plus si sûre de ne pas être en retard vis-à-vis des puissances de calcul qu’elle utilise.

Cette concurrence des temps humain-machine mérite toute notre attention dans la mesure des vitesses d’exécution, de nécessaires automatismes programmés en conséquence, et d’impératives communications machine-machine.

Je sais que ce dernier énoncé et sans doute ceux qui le précèdent passeront pour des exagérations d’un non-spécialiste et que l’intelligence artificielle est toujours sous contrôle alors que les machines doivent communiquer entre elles et “prendre des décisions” pour lesquelles, elles ont déjà prouvé qu’elles se passent d’humanité.

Dorénavant l’ordre interne, inframachinique, peut mieux valoir, se passer de l’ordre humain, a fortiori si celui-ci met plus de temps pour arriver qu’il n’en faut à la machine pour trouver sa réponse.

Pour se rassurer, il suffit de se dire que les machines ne se posent que les questions que des humains leur ont confiées, et pour s’inquiéter on peut aussi se demander si les humains ne préféreraient pas que les machines trouvent les réponses et, ainsi, se posent les bonnes questions…

J.F.

Laboratoire d’architecture à la poursuite de l’écologie grise de Paul Virilio / Architectural studio in pursuit of Paul Virilio’s grey ecology

Laboratoire d’architecture à la poursuite de l’écologie grise de Paul Virilio / Architectural studio in pursuit of Paul Virilio’s grey ecology